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BOUSSAGUES
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LANGUEDOC

Comme beaucoup de cités du Haut Languedoc, partie cévenole de la Septimanie de jadis, celle de Boussagues est également issue d’une légende. En ce temps-là Boussagues appartenait au Baron Aymeric, riche et puissant, et néanmoins très bon à l’égard des serfs et des vilains vivant sur ses domaines. Mais si, mais si, il était un de ces seigneurs qui pratiquaient cette vertu, assez rare j’en conviens en ces temps ancestraux.
Le baron Aymeric de Boussagues avait épousé Bérengère de Pézènes qui était morte très jeune, le laissant veuf avec leurs deux garçons. Il avait alors adopté sa nièce Alix de Pézènes jeune adolescente déjà orpheline avec le secret espoir qu’elle pourrait épouser son fils aîné Raymond. Hélas ce dernier était né disgracié physiquement et avait en plus l’esprit aussi tordu que le corps. Alors que Guilhem son cadet avait lui hérité de la mâle beauté de leur père et de son âme généreuse.
En quelques printemps Alix se transforma en une ravissante jeune fille à la silhouette svelte et souple, dotée d’une longue chevelure de boucles châtains traversées de reflets dorés tout comme ses grands yeux noisette. Naturellement ses deux cousins tombèrent amoureux d’elle, mais elle choisit, bien entendu, le plus jeune contrairement aux espoirs de son oncle. L ‘aîné éconduit en fût profondément mortifié et son amour se transforma en haine qu’il cacha habilement. Il profita de l’absence de Guilhem parti à la Croisade en Palestine afin d’en ramener ses éperons de Chevalier, pour destituer son père, et aidé de quelques malandrins du coin, le faire enfermé dans un sombre cachot et se décréter Baron à sa place. Ensuite il somma sa cousine de bien vouloir l’épouser sans quoi il mettrait son oncle à mort.
« Mais je n’aurais seize ans qu’après les vendanges » protesta celle-ci. Ayant obtenu ce délai elle accepta ce mariage afin de sauver son bienfaiteur Aymeric qu’elle aimait beaucoup. Mais tous les soirs, du haut des remparts, quand le soleil se couchait, elle priait Dieu pour que Guilhem s’en revint d’orient avant que fût consommée cette funeste union. L’affreux Raymond ricanait méchamment :
« Quand ton chevalier reviendra, et s’il revient, tu porteras le fruit de notre amour dans ton ventre. »
Horrifiée par cette promesse Alix pleurait en cachette, révoltée à l’idée de mettre au monde un être qui serait certainement aussi tordu et difforme que son géniteur.
En ces temps-là, Dieu le Tout Puissant, plus qu’il ne fait aujourd’hui, déléguait auprès des humains des anges chargés de soulager leurs maux.. C’est ainsi que l’un d’eux vint se poser tout près d’Alix pleurant sur le rempart, et lui dit :
« Après tout ton époux sera le riche et puissant Baron de Boussagues. »
« Mais aussi fort laid et odieux. Et puis c’est Guilhem que j’aime. »
Les anges sont très beaux toutefois ils n’ont pas de sexe, et ne comprennent rien aux histoires d’amour de ces pauvres terriens.
« Je vais voir ce que je peux faire pour toi. Et, dans un gracieux envol, il disparut dans le ciel où s’allumaient les étoiles du soir. Pour Alix il remua ciel et terre, et muni du céleste feu vert il fit tant et tant que l’armée des infidèles découragée bâtit en retraite, que celle des croisés victorieuse s’en revint de Palestine plus tôt que prévu dont leurs bateaux poussés par  un vent puissant et favorable traversèrent la Méditerranée dans un temps record et que chevauchant un fier destrier Guilhem arriva au pied des remparts de Boussagues un soir au crépuscule, la veille du jour fatidique où devait être célébrée l’union de Raymond et d’Alix. Celle-ci espérant encore un miracle le vit arriver et courut a à sa rencontre. Mis au courant des méfaits de son frère il entra dans une violente colère et avec l’aide d’une troupe de fidèles cavaliers égyptiens qui le suivaient, en quelques heures de combat, ils mirent en fuite les malandrins qui constituaient la garde de Raymond, puis arrêtèrent ce dernier qui prit la place de son père dans le sombre cachot de la forteresse tandis que Guilhem prenait la sienne le lendemain au coté de la belle Alix resplendissante de bonheur, car le mariage publié dans toute la baronnie n’avait pas été annulé !

Guy Courtès

LEGENDE DE BOUSSAGUES